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Les nouveaux moralisateurs (par Arturo)

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On ne doit plus boire, plus fumer, plus baiser, plus rien, quetchi, nada ! Bienvenue chez les chantres du risque zéro, où sous couvert de prétendue sécurité nous devons renoncer à toute liberté. Les mêmes qui nous disaient qu'il est interdit d'interdire et qui ont retourné leur veste par la suite, engoncés dans leurs nouvelles nippes puritaines. On a quand même du mal à croire qu'ils appliquent leur propre programme. Le programme d'une mort tranquille et sans saveur. Euh d'une vie tranquille et sans saveur. Mais ne sommes-nous pas déjà morts ? On doit rouler à 80 km/h sur des routes où on s'endormait déjà à 90, sans compter qu'on finit par se retrouver à 60 avec les petits vieux qui se traînent et l'impossibilité de doubler. On ne doit plus bouffer de viande pour la planète, ne plus faire de gosses pour la même planète (remarquez que là j'acquiesce, si on pouvait empêcher les cons de se reproduire ce ne serait pas plus mal et on ne serait plus qu…

La bien-pensance et la censure sur internet en France (par Arturo)

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Peut-on s'exprimer librement en France ? L'internet francophone est-il un espace de libre expression ? On aimerait répondre par l'affirmative, malheureusement le constat aujourd'hui est amer. Alors oui, je peux m'exprimer ici sur ce blog, mais qui va me lire ? Certainement pas des milliers de gens. Où peut-on penser rencontrer des gens de diverses opinions sur internet en quantité suffisamment significative ? Hormis sur les réseaux sociaux, je ne vois pas d'autres lieux, les forums et les blogs ne drainant que peu de trafic. Alors oui, allons sur les réseaux sociaux. Et voyons.
J'ai voulu partager la nouvelle de Bukowski sur le facebook de France Culture... Bien entendu j'ai été censuré (pareil sur un groupe dit "partage de livres et lectures", qui m'a carrément bloqué, alors que mon commentaire avait reçu des remerciements pour le partage, ils ont dû se dire après coup que la nouvelle de Buko n'entrait pas dans la Charte du politiquem…

The Hog, la nouvelle censurée et jamais publiée de Charles Bukowski

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Traduite par votre fidèle serviteur... Ne cherchez pas, vous ne la trouverez nulle part. Il n'existe que deux impressions de cette nouvelle gardée bien au chaud par les éditeurs frileux à souhait, dont une qui est partie aux enchères à plus de 27 000 dollars. Jetez un œil à cet article : https://nypost.com/2019/03/13/you-can-buy-charles-bukowskis-banned-bestiality-tale-for-27k/ . L'Ignatius a néanmoins pu accéder au manuscrit original, datant de 1982. La nouvelle est déclarée impubliable par les éditeurs car trop obscène, quelle bande de lavettes ! Allez trêve de blabla, lisons maintenant ce qu'écrivait notre cher Buk ; âmes trop sensibles s'abstenir.

Le porc


J'ai travaillé pour M. David K. Sorenson pendant des années. J'ai commencé, plus ou moins, en tant que domestique puis j'ai gagné sa confiance et je suis devenu un confident dans la plupart de ses affaires personnelles. M. Sorenson payait bien. L'on disait que c'était l'un des dix hommes …

La misère sexuelle de l'homme blanc hétéro (par Anna Maleccio)

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(nouvel extrait du roman d'Anna Maleccio)




Un peuple intolérant et conservateur, ma parole, on croyait rêver ! A l’heure actuelle, on pouvait changer jusqu’à sa nature profonde, jusqu’à ce paramètre capricieux et fondateur qu’était notre sexe et être reconnu pour ça jusque dans les tribunaux, jusque dans les livres d’Histoire. On avait des associations, des thèses universitaires, des figures iconiques et des mythologies pour nous défendre. Mais quand on était qu’un petit Blanc hétérosexuel de classe moyenne, qu’est-ce qu’on avait ? Qui pouvait transformer « looser » en être humain de valeur sur un état civil ? Quelles hormones pour faire de nous des stars et des dieux ? Qui pour nous lapider ou nous acclamer dans des pamphlets péremptoires et historiques ? A croire que la souffrance de ne pas se sentir soi dans son sexe était plus romantique et plus parlante pour l’inconscient collectif que celle de ne pas être aimé. Comme si les spasmes du désir et la faim d’amour étaient des bagat…

La France en 2050, état des lieux (Par Arturo)

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(texte extrait d'un roman d'anticipation en cours d'écriture depuis 2 ans, à quatre mains par Nicodème Dupont et Arturo, espérons tout de même qu'ils en viennent à bout avant 2050 !)




  Je dois me ressaisir, ne pas céder à la précipitation. Il faut que je me recentre, que je cherche à remettre de l'ordre dans mes idées. Je dois parvenir à rassembler les pièces du puzzle. Tout d'abord relire encore une fois la lettre de Seni. Cette fameuse plaidoirie, le point de départ... Oui, il y a beaucoup de questions qui rejaillissent, qui se percutent. Tout ça semble si loin, et si proche. Qu'est-il advenu de ce plaignant ? Je continue à croire que je lui dois beaucoup. Qu'on lui doit beaucoup. C'est grâce à lui que le revenu citoyen a été mis en place, que le Comité a supplanté les anciennes institutions régaliennes. Il faut que j'essaie de me souvenir du passé. Pourquoi est-ce si difficile ? Je ne comprends pas, ces derniers temps j'ai parfois l'im…

Le bruit des bottes (par Anna Maleccio)

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(texte extrait de son premier roman, Anna Maleccio du haut de ses 19 ans va en décoiffer plus d'un)




  Nina aida sa mère adoptive à mettre la table tandis que Cesare regardait depuis la salle à manger par la baie vitrée. Il n’y voyait pas grand-chose dans le noir mais la pelouse semblait tondue, les arbres élagués et les bosquets taillés. La maison était bien entretenue. Il n’y avait pas un grain de poussière sur les meubles ni une seule tache au mur. Les ampoules, économiques cela va de soi, avaient été changées récemment, les tapis assainis et les carreaux astiqués. Toutes les factures avaient été payées le jour-même de leur arrivée, toutes les chaussures cirées (même celles d’été) tous les aliments du frigo avaient été consommés avant la date de péremption, lequel était régulièrement nettoyé et désodorisé. Un véritable musée. Non, un musée avait encore l’émouvant avantage d’avoir attaché à ses objets une présence humaine, celle des anciens possesseurs qui y avaient marché et ava…